Chemin de traverse
Gilles de Rais seigneur de Retz en Bretagne, Chevalier et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc est un personnage de légende.
Sa vie demeure encore aujourd’hui un mystère.
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ous savons peu de choses sur son enfance.
Mais selon l'écrivain Huysmans, devenu adulte Gilles est un amateur d'art, un artiste, collectionneur et érudit qui aime la musique, le théâtre, les arts occultes.
Il est audacieux, courageux mais également narcissique et cruel, il aime se vautrer dans la luxure.
Gilles de Rais est né en octobre ou novembre 1404 au château de Champtocé-sur- Loire dans une chambre appelée la Tour Noire.
Petit-neveu de Du Guesclin, il est le fils de Guy Laval et de Marie de Craon.
Il est baptisé, et son parrain est son grand-père maternel Jean de Craon.
Il a un frère, René né en 1414 qui deviendra seigneur de la Luze.
Sa mère décède en début d'année 1415 et son père prévoyant, ou pressentant pour une raison que nous ignorons sa propre mort, rédige un testament daté d'octobre 1415 ou il confie la tutelle de ses fils à un cousin éloigné Jean Tournemine seigneur de la Hunundaye et non au parrain de Gilles qui comme nous l'avons dit plus haut est son grand-père Jean de Craon.
Il désigne également Georges de Boussac et Michel Fontenay comme conseillers de ses fils.
Mais pourquoi une telle défiance envers Jean de Craon ?
Il est important à ce stade de parler de la généalogie de Jean de Craon, le grand-père et tuteur de Gilles de Rais pour comprendre le genre d'éducation dont il a été victime lors de son enfance.
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é entre 1345 et 1365, fils de Pierre de Craon et de Catherine de Machecoul, Dame de Chantocé, Jean de Craon fut l'échanson de Charles V.
Son père Pierre de Craon était un proche du duc d'Orléans alias Louis I, frère du roi Charles VI.
Louis I qui rappelons le, selon certains auteurs, aurait eut une liaison avec la reine Isabeau de Bavière et serait le père d' un enfant illégitime : Jeanne d'Arc.
Mais Louis I chasse Pierre de Craon de la cour en 1391 après avoir appris qu'il avait révélé à sa femme Valentine Visconti son infidélité ( car Louis I était un coureur de jupons ).
Pierre de Craon se cache alors en Bretagne sous la protection de Jean IV de Bretagne et tente d'assassiner le connétable de Clisson qui figure parmi un de ses ennemis mortels, à la sortie de l'hôtel Saint Paul ou se tenait la cour du roi.
En vain.
Le roi Charles VI devant le refus de Jean IV de Bretagne de livrer Pierre de Craon décide avec Clisson et d'autres de s'emparer de la Bretagne mais, pendant le trajet vers la Bretagne en août 1392 traversant une forêt Charles VI est pris de sa première crise de démence. ( Certain parle d’empoissonnement, d'envoutement. )
A l'inverse de Charles VI, les ducs de Berry et de Bourgogne prirent les rênes du gouvernement et se retournèrent contre le connétable Clisson en le destituant.
Pierre de Craon se réfugia lui en Angleterre ou à Barcelone selon les historiens.
Il s'échappa, revint en Bretagne et réapparu à la cour nous dit-on à l'abri des poursuites pour la tentative d’assassinat contre Clisson...
Il y a ici un mystère.
D'autant plus que la reine de Sicile avait également des griefs contre lui suite à l'argent qui lui avait volé pendant l'expédition de Naples.
Il fut condamné par le parlement de Paris à une amende de 400 000 livres et enfermé à la tour du Louvre.
Mais grâce à l'intervention de la reine d'Angleterre et de la duchesse de Bourgogne il fut relâché.
On lui doit la mise en place de confesseurs auprès des criminels condamnés à mort et ce suite à l'histoire des moines-sorciers ayant jetés un sort à Charles VI.( ordonnance de Fontanon )
On ne sait précisément la date de sa mort, probablement 1409.
Nous voyons donc que Pierre de Craon était un noble sans morale, un intriguant prêt à tout pour assouvir ses désirs et déloyal envers ses proches. ici
Fort d'appui puissant, il parvenait toujours à sauver sa peau.
Jean de Craon son fils hérite du tempérament de son père .
Il est un homme orgueilleux, immoral, violent et sans scrupule, trempant dans des complots, des intrigues et prêt à tout pour de l'argent.
Il est donc aisé d'en conclure que le père de Gilles de Rais ne devait pas avoir une haute estime, une confiance aveugle envers Jean de Craon grand-père maternel de ses fils.
C'est lui pourtant âgé de 60 ans qui devient le tuteur des deux fils de Guy Laval, donc de Gilles de Rais qui a alors 11/12 ans.
En effet, furieux de ne pas obtenir la tutelle de ses petits fils il casse le testament et obtient la garde des deux enfants.
Malheureusement Jean de Craon les gâte beaucoup, et l'éducation qui leur est donnée ne repose sur aucune discipline et surveillance.
Toutefois Gilles eut une instruction solide, il parle et lit le latin, aime les arts, les belles choses.
Ses lectures vont de "La cité de Dieu" de Saint Augustin aux "Métamorphoses" d'Ovide, "Les XII César" de Suétone...
Le grand-père qui ne perd pas le nord et le sens des affaires, fiance rapidement Gilles, c'est à dire le 14/01/1417 à Jeanne Peynel âgée seulement de 4 ans riche héritière avec une dot conséquente en Normandie.
Mais alerté le parlement intervient pour casser les fiançailles.
Qu'à cela ne tienne, Il signe le 28/11/1418 au château de l'Hermine en présence de Jean V duc de Bretagne et des hauts dignitaires de la cour un nouveau contrat de mariage entre Gilles et Béatrix fille du vicomte Alain de Rohan seigneur de Porhoêt.
Mais ce mariage fut lui aussi annulé car Catherine de Thouars, cousine de Gilles semblait être un plus beau parti que Béatrix.
Jean de Craon et Gilles de Rais décident donc d'enlever Catherine pendant que son père est à la guerre en Champagne, une pratique courante et souvent d'usage en ces temps là...
Le fait est que Gilles épouse Catherine de Thouars le 30/11/1420 en secret, il a alors 16 ans.
L'église menace car l'union est interdite puisque consanguine, Jean de Craon s'arrange avec le Pape et le 26/06/1422 l'union publique est célébrée en l'église Saint Maurille de Chalonnes.
Catherine de Thouars accouche d'une fille vers 1433/34 dénommée Marie de Rais.
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ers 1425 le roi Charles VII dont la couronne est contestée par les Anglais confie à Jean de Craon la mission de gagner à sa cause le duché de Bretagne.
Gilles de Rais participa avec son grand-père à cette mission et se fit grâce à son nom et sa fortune une place de choix à la cour de Chinon.
C'est vers 1426 entre Orléans et Saint Malo qu'il combat avec le chevalier La Hire, Boussac, La Fayette, Beaumanoir, Ambroise de Loré...
Pendant que Jean de Craon est chargée par Yolande d'Aragon de protéger son fief d'Anjou menacé par les Anglais.
Le 06/03/1429 Gilles rencontre à la cour de Chinon Jeanne d'Arc nous dit-on pour la première fois, en assistant à l'entrevue avec Charles VII.
Il sera désormais un compagnon de Jeanne et la suivra à Blois, Orléans, Patay ou le 18/06/1429 Talbot y fut fait prisonnier et ou les Anglais perdirent environ 2 000 hommes.
Avec cette bataille décisive Charles VII décide de marcher sur Reims afin de se faire couronner roi de France à Notre Dame.
Le couronnement eut lieu le 17/07/1429 et Gilles fut chargé de rapporter la Sainte ampoule de l'abbaye de Saint Rémi afin de oindre et sacrer Charles VII.
Ce jour du 17 juillet 1429, Gilles de Rais âgé de 24 ans devient Maréchal de France et Charles VII l'autorise à ajouter à ses armories une bordure de Lys sur fond d'azur.
Il ne suit pas Jeanne à Compiègne et nous le savons à Louviers en décembre 1430 alors que Jean de Luxembourg vient de vendre Jeanne aux Anglais à Rouen ou se commence le procès.
Jeanne meurt officiellement sur le bûcher le 30/05/1431 à Rouen.
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n 1432 il est dans le Maine avec son grand-père Jean de Créon qui dépouille sa bienfaitrice Yolande d'Aragon de ses bijoux car accompagné d'une faible escorte.
A 28 ans, Gilles vole le château l'hermitage à son ancien compagnon d'armes Jean de Bueil qu'il fait enfermer à Sablé.
Les deux seigneurs et chevaliers que sont Jean et Gilles n'ont donc ici rien de chevaleresque !
Gilles quitte la cour de Charles VII en novembre 1432 suite au décès de Jean de Craon et revient en Bretagne avec sa femme et sa fille Marie.
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la mort de son grand-père Jean de Craon le 15/11/1432, Gilles a 28 ans et hérite d'une immense fortune.
Héritier de plusieurs seigneuries de l'Anjou, du Maine, du Poitou et de la Bretagne, seigneur de Machecoul, Saint Étienne de mer morte, Pornic, Prinçay, l'île de Bouin, l'hôtel de la Suze à Nantes ( ou il commis des crimes ), Champtocé, La Bénate, Bourgneuf puis Tiffauges ( sinistre château ou il tortura des enfants, s'adonna à la débauche ) par sa femme Catherine, Pouzzauges, Chabanais, Savenay, Chateaumorand.
Sans compter, les bijoux, l'argenterie, ses gages de Maréchal de France il vivait comme un prince et non comme un baron.
Il possédait une troupe de 200 hommes d'armes à cheval qu'il entretenait à l'année. Le duc de Bretagne en était jaloux.
Il perdit ainsi petit à petit le sens commun, aucune limite ne l'entravait et dépensa sans compter jusqu'à dilapider sa fortune.
Il s'intéressait aux sciences occultes, notamment à l'astrologie, à la démonologie ( il rédige un traité à ce sujet ) et à l'alchimie.
C'est à cette période qu'il commença nous dit-il lors de son procès, à pratiquer la sodomie sans conseil de personne et de son propre sens seulement pour plaisir et délectation de luxure avec en premier lieu ses cousins, puis des individus mal famés, François Prélati l'alchimiste pour finir avec des enfants.
La lecture de Suétone "Les vies des douze Césars" a comme le pense l'abbé Bossard et Huysmans certainement favoriser le passage à l'acte, ainsi voici ce que dit Gilles lors de son procès :
"Or étant d'aventure dans la librairie du château de Champtocé, je trouvais un livre de la vie et mœurs des Césars de Rome par un savant historien, Suétone. Le livre était orné d'images bien faites sur lesquelles se voyaient les débordements sexuels des empereurs païens et je lus la belle histoire de Tibère, Caracalla et autres qui s'ébattaient avec des enfants et prenaient plaisir à les martyriser. Sur quoi, je voulus les imiter et le même soir je commençai en suivant les images de la leçon du livre."
D'ailleurs sa femme et sa fille quittèrent très vite Tiffauges pour le château de Pouzauges.
C'est probablement ( ? ) vers 1438 et l'arrivée de Prelati à Tiffauges que Gilles commencent à faire des sacrifices d'enfants lors de rituels sataniques.
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n 1434, rongé par le remords ou crise mystique il fait ériger au château de Machecoul une chapelle dédiée aux Saint Innocents ( jeunes victimes d'Hérode ). Ceci est confirmé dans un acte du 26/03/1435 à Orléans devant notaires "Pour le bien, salut et sauvement de mon âme."
Il dépense une fortune en entretenant environ 80 personnes dont :
mais également dans l'entretien de la chapelle, son mobilier, ses instruments de musique ( orgue, harpes, vielles, luths, trompettes...) et les cérémonies fastueuses célébrées lors de messes.
Gilles de Rais adore les chants religieux et surtout le chant grégorien ou il recherche semble t-il une extase, une ivresse mystique. Il recherche perpétuellement de jeunes enfants de chœur pour sa chorale ( ou pour d'autres choses moins avouables ).
Le duc de Bretagne de passage à Nantes ne manquait pas de passer par la chapelle pour assister aux cérémonies.
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illes est passionné de théâtre et fait appel aux clercs de la basoche et aux "enfants sans souci" pour jouer des pièces en hommage à Jeanne.
Des sotties, des farces, des moralités sont jouées à Orléans, Angers ou Tiffauges dès l'année 1435.
Selon Désormeaux il a certainement une troupe personnel d'acteurs qui travaille pour lui toute l'année afin de produire des Mystères ou des spectacles scéniques lors de fêtes comme la pentecôte, l'ascension, la Toussaint, Noël.
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illes fit non seulement rédiger "Le mystère du siège d'Orléans" afin de rendre hommage à Jeanne d'Arc dont il était proche mais le produit également.
La pièce de théâtre se joua en 1435 et 1439 avec 140 acteurs et 300 figurants. Elle lui coûta fort cher ( 80 000 écus d'or ) et se trouve conservée aujourd'hui à la bibliothèque du Vatican dans le Fonds de la reine Christine de Suède, alchimiste elle aussi.
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l fut un des premiers à soutenir Jeanne/Claude des Armoises, la pucelle d'Orléans qui avait réussi à s'enfuir et donc n'avait pas brûler sur le bûcher.
Il confia même en 1439 la mission à Jean de Siquenville de donner le commandement à Jeanne d'une troupe d'hommes armés afin de prendre le Mans. ( Lettre de rémission du roi le 19/06/1441 Source ici )
Mais elle est relevée de son commandement.
Certainement à cause de l'arrestation de Gilles de Rais le 14/09/1440 sur ordre de l'évêque de Nantes Jehan de Malestroit.
Des traces du passage de Jeanne des Armoises ou Jeanne d'Arc à Orléans après sa mort sur le bûcher, existent dans les archives de la ville ou elle est reconnue par sa famille, ses proches et ses compagnons d'armes dont Gilles de Rais.
Voir à ce sujet l'article sur Jeanne d'Arc.
Selon Dom Morice dans "Preuves de l'Histoire de Bretagne" Gilles de Rais se trouve à Orléans le 14/07/1439, le chevalier "La Hire" le 18 juillet et le 20 juillet Jamet de Tillay.
Les anciens compagnons d'armes de Jeanne d'Arc ont donc pu rencontrer Jeanne à cette période.
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enant un train de vie dispendieux mais étant mauvais gestionnaire, Gilles a dilapidé sa fortune en 6 ans.
Fêtes et spectacles somptueux, livres rares, bijoux et tapisseries, sans compter l' entretien de la collégiale et la troupe de 200 hommes armés, son héritage a fondu comme neige au soleil.
Entouré de rapaces qui le ruinent, de courtisans aux mœurs dissolues, de sorciers et d'alchimistes, de prêtres dévoyés, ces châteaux étaient devenues des asiles de luxure.
Il emprunte dès 1435 à un certain Jacques Boucher, en 1436 il vend au chevalier Jehan de Monteclerc "Les métamorphoses d'Ovide", puis quelques biens furent acquis dont le château de Champtocé par un prête-nom pour le compte du Duc de Bretagne Jean V conseillé par l'évêque de Nantes Jean de Malestroit.
D'autres revinrent au seigneur de la Jumelière, à Gauthier de Brussac...
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illes n'était pas seul à commettre des horreurs, il avait autour de lui des courtisans qu'il payait ou entretenait grassement pour l'aider à organiser ses basses œuvres.
Parmi eux :
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l est intéressant de savoir qu'à travers les siècles le lieu même de Tiffauges est marqué par des mœurs sodomites.
En effet, après les invasions barbares, la région avait été occupée par la tribu Dace "Les Teifales" et dont les chefs pratiquaient la sodomie à l'inverse des autres tribus.
C'est Chateaubriand qui nous dit dans ses Études historiques sur la chute de l'Empire Romain que chez les Teifales :
"Les jeunes garçons étaient forcés de se marier par contrat avec des hommes : la fleur de leur jeunesse se consumait dans ces exécrables unions et ils ne pouvaient être délivrés de ces incestes qu'après avoir tué un sanglier ou un ours."
Le château de Tiffauges ceint d'une triple muraille possédait également une chapelle au dessus d'une crypte dédiée à Saint Vincent ou dit-on on célébrait des messes noires et invoquait le démon Barron.
Les fêtes données par le Maréchal De Rays au château de Tiffauge étaient luxueuses. On y servait à profusion les meilleurs plats et vins épicés ce qui ne manquait pas de faire tourner la tête aux convives qui se vautraient alors dans des orgies avec enfants.
Gilles se voyait alors lui et ses convives, en ces scènes de débauche comme un Empereur romain dans la Rome décadente.
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'est au château de Tiffauges que Gilles a son laboratoire d'alchimie. Ces deux cousins sont chargés de lui ramener des alchimistes des quatre coins de l'Europe.
C'est ainsi que des alchimistes Parisiens, d'Allemagne et d'Italie arrivent avec leurs connaissances occultes à Tiffauges ( François Lombard, Antoine de Palerne, François Prélati ).
Or un jour le roi Louis XI lui même, arrive inopinément à Tiffauges et Gilles doit détruire ( ou cacher ) tout son attirail.
Malheureusement tous ces alchimistes n'avancent pas vraiment dans la fabrication de l'or, la pierre philosophale, et Gilles est souvent pris pour un idiot, roulé dans la farine notamment par l'alchimiste Jean de la Rivière.
C'est avec l'alchimiste Prélati nous dit-on, qu'en 1438 Gilles sur ses conseils va commencer ses sacrifices d'enfants lors de rituels.
Gilles de Rais est ruiné, a vendu beaucoup de ses biens et châteaux et veut faire de l'or avec l'alchimie afin de se remettre à flot.
Avec Prelati il évoque les démons dans la grande salle du château de Tiffauges.
Il signe également sur les conseils de Prelati un pacte avec l'enfer ou il est mentionné qu'il se soumet au démon Baron en lui donnant tout ce qu'il veut à l'exception de son âme et de sa vie.
Il doit fournir pour sceller le pacte la main, les yeux et le cœur d'un enfant. ( confession de Gilles de Rais au procès datant du 22/10/1440)
Le Maréchal De Rays ne pouvait ignorer qu'il s'engageait dans des pratiques sataniques.
Mais malgré tout cela, Baron n’apparaît pas à Gilles mais seulement à Prelati.
Après le procès de Gilles de Rais, le Dr Jules Regnault raconte qu'à Tiffauges l'on retrouva les os de plus de 200 victimes.
Pour l'écrivain Huysmans, il est probable qu'il y eut plus de 800 victimes.
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l n' y a pas qu'à Tiffauges que Gilles tuait des enfants, il y'eut également l'hôtel de la Suze à Nantes ainsi que Champtocé et Machecoul.
Au château de Champtocé, dans une tour, Gilles aidé de Poitou, d'Henriet, petit Robin et de Hicque fait disparaître en toute hâte les preuves de ces crimes.
Il met dans des sacs le reste de 46 cadavres, ossements d'enfants tués lors de rituels occultes et les transporte par voie d'eau à Machecoul ou ils seront brûlés.
Au château de Machecoul la même opération s'est déroulée avec la présence de Roger de Bricqueville, Robin Romulart, Gilles de Sillé , la Dame de Jarville et Thomas D'Araguin.
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'est grâce à l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit qui fit une enquête sur le Maréchal de Rais suite à de nombreuses plaintes et rumeurs d'enlèvements d'enfants que nous devons l'arrestation de cet homme.
Au château de Machecoul, il est arrêté le 14/09/1440 par le capitaine Jean Labbé et le notaire Robin Guillaumet représentant l'évêque de Nantes.
Les dépositions de ses hommes de mains qui sont, Henriet Griart et Étienne Corillaut le 17/10/1440 au procès ne laisse planer aucun doute sur les monstruosités commises par Gilles de Rais.
S'il fallait douter toutefois de sa culpabilité comme Salomon Reinach le fit plus tard, il faut savoir que Gilles de Rais lui même reconnaît au bout d'un certain temps il est vrai, ses crimes qui sont :
Car au début du procès, il faut noter qu'il se montre arrogant, orgueilleux, sûr de son bon droit, certain qu'il va sortir rapidement du tribunal comme si il était au dessus des lois.
Ce n'est que le 15 octobre qu'il baisse la garde et avoue ses sinistres crimes.
Pleurant à chaudes larmes il demande la levée de la sentence d'excommunication afin de ne pas tomber en enfer.
Il est persuadé qu'avec sa demande de pardon il ira au Paradis.
A partir du 16 octobre ses acolytes témoignent.
Si Prelati et Blanchet , essayent de sauver leurs peaux en minimisant leurs implications, Henriet et Poitou eux racontent tout avec détails.
Par contre, la sorcière Perrine Martin de Nantes, elle se volatilise après le 15 octobre...
Plus trace de sa déposition, décédée en prison, exfiltrée car sachant trop de choses pouvant porter préjudice à d'autres personnes ?
Le 22 octobre pour échapper à la torture, Gilles réaffirme ses crimes.
Et dit à Prelati en guise d'adieu :
"Adieu François mon ami ! Jamais plus nous nous verrons en ce monde, je prie à Dieu qu'il vous donne bonne patience et connaissance et soyez certain que vous avez bonne espérance en Dieu, que nous nous reverrons en la grande joie de Paradis !
Priez Dieu pour moi et je prierai pour vous."
Puis il se repend d'avoir quitté l'église et ajoute :
"Ne tolérez pas que vos enfants vivent dans une oisiveté qui engendre des curiosités malsaines, des excès de table et l'abus de la boisson fortes qui m'ont poussé à accomplir tant de crimes et de péchés."
Une hypothèse intéressante est avancée par l'écrivain Roland Villeneuve concernant les atrocités commises par Gilles de Rais.
Prelati, personnage trouble et fourbe à l'insu de Gilles, aurait pu le droguer avec des philtres, des potions à base de plantes hallucinatoires, psychotropes comme la mandragore, le datura, la belladone et la jusquiame afin de sublimer ses extases diaboliques.
Ce qui le rendit fou.
Pourquoi pas ?
Même si cela ne l'excuse pas, cela expliquerait peut-être le degré de cruauté, de sadisme dont il fait preuve notamment dans l'agonie des enfants.
Mais poursuivons.
Pendant tout le procès le Duc de Bretagne le fait transférer dans un appartement spacieux par égard de son rang ( ? ).
Là nous avons du mal à saisir.
Pourquoi tant de sollicitude envers un monstre ?
Surveillance ?
Peur que le procès n'éclabousse d'autres personnes de haut rang ?
Il demandera en larme pardon, s'excusera et se confessera à frère Jean Juvénal de l'ordre des Carmes de Ploermel, diocèse de Saint-Malo.
Il est pendu le 26 octobre 1440 à Nantes en la prairie de la Biesse, son corps qui devait être réduit en cendre d'après Monstrelet fut arracher aux flammes, laver et transporter aux Carmes de Nantes.
Ces deux compagnons Henriet et Poitou furent pendu avec lui.
Bricqueville et Blanchet le prêtre furent graciés, Sillé s'exila, Prelati s'échappa ( ? ) et devint le souffleur de René d'Anjou autre seigneur amateur de sciences occultes.
René le nomma même gouverneur de la Roche-sur-Yon !
Mais Prelati avec plusieurs complices notamment Jacques Chabot ( mais l'on retrouve chose surprenante également Eustache Blanchet le prêtre pédéraste cité lors du procès de Gilles ) rançonna un trésorier de France, Geoffrey le Ferron !
C'est sous un nom d'emprunt, François de Montcatin qu'il fut exécuter par le Grand conseil en 1446.
Eustache Blanchet le prêtre lui paya juste une amende.
Source : ici
Il est également intéressant de noter que la cour du roi René d'Anjou passionné d'occultisme et adepte de l'amour courtois a également accueilli Jacques d'Arc le père de Jeanne d'Arc que Gilles connaissait probablement.
Pour conclure, Catherine de Thouars, la veuve de Gilles de Rais épousa Jean II de Vendôme et eut un fils avec lui Jean III qui hérita de Tiffauges.
Quant à Marie de Rays, elle eut deux époux mais aucun enfant.
Gilles de Rais restera à jamais présent dans la mémoire collective grâce à Charles Perrault qui s'est inspiré du personnage pour créer le conte de Barbe Bleue.
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