Chemin de traverse
Le père Jésuite Daniel Van Papenbroek ou Daniel Papebroch est un hagiographe de la Société des Bollandistes qui remis en cause au XVII siècle l'authenticité des archives Bénédictines et les diplômes ou chartes royales mérovingiens conservés à l'abbaye de Saint Denis.
Le Mauriste Dom Jean Mabillon répliquera à cette accusation par un traité portant sur l'analyse des documents anciens qui fera autorité.
La Société des Bollandistes fut fondée au XVII siècle à Anvers par des Jésuites Belges dont l'objectif premier était l'étude de la vie et le culte des Saints.
Se basant sur des documents anciens réunis pendant des années et glanés dans diverses bibliothèques par le Jésuite Héribert Rosweyde mais non publiés, Jean Bolland repris l'idée de ce dernier et continua le projet en publiant l'Acta Sanctorum.
L'Acta Sanctorum est une collection de 66 volumes consacrée à la vie des Saints Catholiques.
Il fut aidé et secondé dans ces découvertes par plusieurs moines Jésuites, notamment Daniel Paperbroch.
Daniel Paperbroch avec son traité "Sur le discernement du faux et du vrai dans les vieux parchemins" datée de 1675 pense que beaucoup si ce n'est la majorité des archives monastiques et surtout les archives Bénédictines sont fausses, falsifiées ainsi que les diplômes mérovingiens de l'abbaye de Saint Denis.
En fait, il accuse les Bénédictins d'être des faussaires.
C'est Dom Jean Mabillon de la congrégation de Saint Maur et moine Bénédictin qui lui donne la controverse en 1681 avec son traité : De re diplomatica.
Ce traité traite de la méthode d'analyse des documents anciens, de l’authentification et de la datation et deviendra le texte fondateur d'une nouvelle science : La diplomatique.
Paperbroch le Jésuite s'incline.
Mais avait-il le choix devant le succès de cet ouvrage auprès du Saint siège ou est-ce un revirement sincère ?
Il est à noter tout de même que Dom Jean Mabillon en matière de "Diplomatique" doit être un fin connaisseur des "antiquités" ou documents anciens étant donné qu'il a étudié à la célèbre Abbaye Bénédictine de Corbie à partir de 1656, abbaye Bénédictine de Corbie réputée pour être le siège des faussaires des fausses décrétales.
Les Fausses décrétales qui sont des documents canoniques falsifiés afin d'affirmer l'autorité papale sur l'église universelle et sur tous les souverains d'Europe.
"Car pour Mabillon et ses disciples, les règles de la diplomatique ne prouvent point qu'une charte soit véritable mais seulement qu'elle peut n'être pas fausses".
Paul Bertrand, Forger le faux.