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Chemin de traverse

Les fausses décrétales

Les décrétales sont des faux décrets, des falsifications de documents canoniques visant à créer des précédents afin d'affirmer l'autorité papale sur l'église universelle et sur tous les souverains d'Europe.

 

Rédigées au VII et VIII siècle sous l'Empire carolingien, les fausses décrétales sont incorporées au XII siècle dans le Decretum de Gratien qui est la base du droit canonique.

 

 

Decretum Gratien
Decretum Gratien

 

Cette falsification de documents crée sous le règne de la dynastie carolingienne s'explique par le fait que le pape de l'église de Rome voulait s’émanciper de la Papauté Byzantine qui chapeautait toutes les affaires civiles, militaires et ecclésiastiques de Rome.

 

Dans les fausses décrétales le dogme de la trinité ainsi que le filioque sont approuvés. Deux conceptions s'affrontent donc entre l'Empire Byzantin et l'Empire Occidental Franc.

 

Avec le couronnement en l'an 800 de Charlemagne, l'église de Rome forte du soutien des carolingiens se sépare ainsi de la papauté Byzantine et affirme son pouvoir sur l'Occident.

Nous voyons ici les prémices du schisme d'occident soit la séparation des églises d'Orient et d'Occident qui verra véritablement le jour avec le sac de Constantinople par les croisés en 1204.

 

 

Qui sont les faussaires ?

 

D'après les dernières découvertes historiques le siège des faussaires était situé à l'abbaye de Corbie au sein de son scriptorium, abbaye qui à joué un rôle majeur dans ce que nous nommons la réforme carolingienne.

 

L'abbaye de Corbie et la réforme carolingienne
L'abbaye de Corbie et la réforme carolingienne

 

Le compilateur de tous ces faux documents se nomme "Isodorus Mercator" ou pseudo Isodore car il est évident que plusieurs moines du scriptorium de l'abbaye de Corbie ont participé à cette fraude.

 

Quelques noms hautement probables :

 

 

Wala moine Bénédictin de cette abbaye, cousin de Charlemagne et époux de Chrotlinde/Rotlinde fille de Guillaume de Gellone ( fondateur du monastère de Gellone, fils du rabbi Makir selon l'historien Arthur Zukerman ) et sœur du tyran Bernard de Septimanie, lui même époux de la mystérieuse  Dhuoda.

 

Adalard de Corbie , cousin de Charlemagne et demi-frère de Wala il était moine à l'abbaye de Corbie et tuteur de Paschase Radbert .

 

Adelard de Corbie, église Sainte Sophie de Benevent

Paschase Radbert orphelin, moine et prieur de l'abbaye de Corbie.

 

Saint Benoit d'Aniane ou Witiza ( prénom Goth ) fils d'Ansemond tué à Narbonne en 754 et éduqué à la cour du roi Pépin le bref avec Wala et Adalard de Corbie, il devient l'échanson de la reine Berthe aux grands pieds.

 

Fondateur de l'abbaye d'Aniane dans l'Hérault, ami de Guillaume de Gellone ( fils du rabbi Makir de Narbonne selon l'historien Zukerman ), cousin de Charlemagne et lui même fondateur de l'abbaye de Gellone à 8 km d'Aniane.

 

A peu près à la même période, les historiens parle d'un Benoit le Lévite ( diacre à Mayence, décédé en 845, fiable ? ) auteur de documents falsifiés " le Benedict Levita" faisant également partie des fausses décrétales et qui assurait par de faux documents la suprématie et les privilèges du clergé.

 

Or, Saint Benoit d'Aniane est décédé en 821 selon les sources ( fiables ? ) à Aix la chapelle non loin de Mayence, se pourrait-il que nous ayons une seule et même personne ici ?

 

L'abbaye d'Aniane devient abbaye royale en 792 avec plus de 300 moines et c'est de cet abbaye que la règle Bénédictine essaima dans tout l'Empire carolingien afin de réformer les anciennes règles des abbayes et d'en fonder des nouvelles.

 

 

Falsification démasquée ?

 

Au moyen-âge, les décrétales ne posent pas question.

 

C'est avec Nicolas de Cues au XV siècle et au XVI siècles avec la réforme protestante que l'imposture des décrétales est démasquée notamment dans Centuriatores Magdeburgenses "les Centuries de Magdebourg" et avec David Blondel protestant, historien dans son traité "Pseudo Isidorus & turrianus vapulantes".

 

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